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Un micro-collège pour se réconcilier avec l'école

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Le micro-collège permet à des jeunes déscolarisés de retrouver le chemin de l’école et le goût des apprentissages. Exemple à Guy Mareschal à Amiens, le seul de la Somme.

Photos © Aurélie Boivin – Cd80

Depuis 5 ans, le micro-collège d’Amiens, situé à Guy Mareschal, accueille 34 élèves de 4e et de 3e qui ont quitté les bancs de l’école un peu trop tôt. Il est né de l’engagement conjoint de l’Académie d’Amiens et du Département pour lutter contre le décrochage scolaire : « Les motifs de déscolarisation sont nombreux. On peut avoir des élèves en grande difficulté scolaire ou au contraire doués mais sensibles à la pression scolaire, des élèves qui ont subi du harcèlement ou vécu un conflit dans leur précédent établissement, qui ont des problèmes familiaux ou éducatifs. La majorité souffre de problèmes de santé mentale, de signes de dépression, de mal-être généralisé, de détresse », expose Emma Croisé, professeure de français et coordinatrice de la structure.

Une pédagogie proche des élèves

Ces élèves, qui doivent déposer une candidature pour entrer dans le dispositif, vont pouvoir ici retrouver goût à l’école et aux apprentissages, grâce notamment aux petits effectifs, 16 à 18 élèves par classe, permettant de consacrer du temps à chacun : « Ce ne sont pas des cours au rabais, nos élèves poursuivent le même cycle que les autres, passent le même examen que les autres. En revanche, la pédagogie est différente : elle est très proche des élèves », poursuit la coordinatrice.

Les élèves peuvent ainsi revoir des notions incomprises avec une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) présente 36h par semaine ou discuter de leurs problèmes avec un tuteur toutes les semaines.

« On ne nous laisse pas de côté »

Un accompagnement renforcé et bienveillant qui plaît aux élèves : « Ici, les professeurs sont très compréhensifs, ils ne nous laissent pas de côté. Aujourd’hui, je me sens un peu plus comprise », témoigne Lîna, en 3e, qui a oublié ses angoisses avant d’aller à l’école le matin. « Avant, je révisais mais je n’arrivais plus à rien faire en classe. Ici, les profs sont moins stricts, ils nous expliquent très bien. Ça m’aide beaucoup à travailler et à apprendre », renchérit Leana, en 4e, qui se projette désormais dans l’avenir.

Le dispositif fait ses preuves : le taux d’assiduité a atteint 77 % pour des élèves qui n’avaient parfois plus mis le pied à l’école depuis un an, et 16 élèves sur 17 ont obtenu leur brevet l’an dernier. « En deux ans, ils peuvent reprendre confiance en eux, en l’école et se projeter dans une scolarité réussie », résume Emma Croisé.

Sandrine Bavard