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Boutté : un décolleteur qui perce de nouveaux marchés

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De l’arrosage à l’aéronautique, l’entreprise Boutté à Friville-Escarbotin fabrique des pièces pour la grande distribution et l’industrie. Et ce, depuis plus de 150 ans.

Photos : © Aurélie Boivin – Cd80

Comment une simple barre en métal devient une pièce technique de haute précision ? C’est tout le principe du décolletage, une technique où Boutté, entreprise familiale fondée en 1867 à Friville Escarbotin, excelle depuis plus de 150 ans avec aujourd’hui près de 2 500 clients répartis sur quatre continents.

L’entreprise tire principalement son chiffre d’affaires de 25 millions d’euros de la fabrication de produits pour l’arrosage et la plomberie pour la grande distribution (Leroy Merlin, Gamm Vert, Bricomarché…). Elle compte 5 500 références à son catalogue, avec en tête des ventes ses robinets, ses pistolets d’arrosage, ses adapteurs de cuves de récupération d’eau… « C’est vraiment notre image de marque : des produits d’arrosage en laiton qui dure dans le temps », souligne Jérôme Moulis, directeur général de l’entreprise. Mais sur ses deux sites de production, Boutté est capable d’usiner toutes pièces, de différentes matières (acier, aluminium, inox…), à très grande échelle : jusqu’à un million d’exemplaires. Avec un impératif : répondre à la commande de ses clients dans la grande distribution dans un délai de 24 à 48h, et peut-être encore moins demain en travaillant avec les marketplaces.

Au fil des ans, Boutté a défriché un autre marché : la sous-traitance industrielle, répondant à des appels d’offre pour des pièces complexes, dans le domaine médical, cosmétique ou encore aéronautique. « On se positionne sur de la fabrication haut de gamme pour nous distinguer du marché asiatique et sur des métiers à forte valeur ajoutée où le prix n’est pas le seul indicateur », explique le directeur. Une mécanique de haute précision quand on sait qu’une pièce d’un drone peut nécessiter jusqu’à 40 outils, soit 40 opérations différentes.

Un savoir-faire local

Pour garder ce savoir-faire dans la Somme, l’entreprise a contribué à l’ouverture d’un CAP décolletage au lycée du Vimeu « C’est un sujet d’inquiétude. On a des salariés qui vont bientôt partir en retraite et on peine à recruter les salariés de demain, les jeunes se détournant de l’industrie, explique Jérôme Moulis. Pourtant, il y a vraiment des métiers passionnants dans le décolletage. »

L’entreprise privilégie aussi le tissu économique local, et travaille avec des personnes handicapées des ESAT de Cayeux-sur-Mer et Abbeville.

Sandrine Bavard