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Appel à projets Innovation agricole : les projets récompensés

Le monde agricole est en pleine mutation et la Somme regorge d’idées innovantes qui ne demandent qu’à éclore. L’appel à projets lancé par le Conseil départemental a apporté une aide financière à 5 projets en 2017 et 4 en 2018.

5 projets en 2017 et 4 en 2018 ont été retenus par le jury, autant d’innovations qui témoignent du dynamisme des agriculteurs de la Somme. Cet appel à projets a pour objectif d’encourager les filières agricole, forestière et halieutique (activités exercées dans les milieux aquatiques) à innover grâce à un apport financier, mais aussi un accompagnement des porteurs de projet. L’appel à projet souhaite également renforcer les collaborations entre agriculteurs et entreprises innovantes, inciter les start-ups à réaliser leur prototype dans la Somme et ainsi créer de l'emploi.

Les lauréats 2018

Discours de Laurent Somon, président du Conseil départemental, à l'occasion de la présentation des lauréats de l'appel à projets 2018 le 1er février 2019 :
 

 

Des pousses en pleine croissance

 


Depuis juillet 2018, la Somme compte une nouvelle offre en circuit court : des micro-pousses. Plus développées que les graines germées, elles sont au stade où les premières feuilles apparaissent. Concentrées en goût et nutriments, elles intéressent particulièrement les restaurateurs.
Un projet de Benjamin Cousin, agriculteur à Forest-l'Abbaye.
Plus d'infos dans le magazine en ligne Vivre en Somme n°116 (janvier-février 2019).


 
Une solution technique pour réduire les intrants

 


Avec sa fille Élise, Dominique Bayart, producteur de pommes de terre à Cerisy-Buleux, a décidé de réfléchir à une solution matérielle pour ne localiser les traitements que sur les rangs de pommes de terre, qui ne couvrent que 15% de la surface de la parcelle.
Plus d'infos dans le magazine en ligne Vivre en Somme n°116 (janvier-février 2019).


 
Du vin blanc effervescent made in Somme

 


Une partie des terres de l'exploitation de la ferme Les Voeux à Ailly-sur-Noye accueillera bientôt des vignes. Dans 4 ans et demi, les amateurs de blanc de blancs de Chardonnay pourront déguster la production 100% locale et bio de Martin Ebersbach.
Plus d'infos dans le magazine en ligne Vivre en Somme n°116 (janvier-février 2019).


 
La précision, l'avenir de l'agriculture

 


D'un côté, Rémi Pelletier, directeur de la start-up Precifield basée en Seine-et-Marne, de l'autre Vincent Marcille, exploitant agricole à Corbie. Leur intérêt commun ? L'agriculture de précision, source de gain économique mais aussi environnemental.
Plus d'infos dans le magazine en ligne Vivre en Somme n°116 (janvier-février 2019).


 
 

Les lauréats 2017

« La spiruline de Marc »


Présentation du projet :

Bilan un an après :
 

À Saint-Léger-lès-Authie, dans 2 bassins de 250 m² et sous 15 cm d’eau, chauffée entre 30 et 40°C, pousse de la spiruline. Une sorte de petite algue que l’on retrouve sous forme de filaments ou de poudre. « Je suis le premier en France à produire de la chaleur avec de la paille pour faire de la spiruline, explique Marc Hossart. J’ai aussi créé un bassin d’évaporation pour utiliser les pics de chaleur de la chaudière et ainsi recycler les déchets de sels de la production. cet appel à projets me permet d’investir dans ce projet atypique et m’aide à promouvoir ma production. » La première récolte a eu lieu en septembre 2017. « La spiruline a plusieurs facettes. C’est bon pour les sportifs, mais aussi pour rééquilibrer son équilibre intérieur. Je l’ai moi-même découvert suite à des problèmes de dos », explique Marc Hossart. C’est ainsi que cet ancien producteur laitier a trouvé une nouvelle orientation ! Il espère vendre 500 kg de spiruline par an, principalement en direct. « Grâce cet appel à projets, j’ai un accompagnement dans mon projet. Cela m’aide aussi à promouvoir ma production », conclut-il.


 
Des sondes pour le taux d’azote

Bruno Macron, chef d’exploitation du GAEC du Bois l’Eau à Bernaville, et Benjamin Mendou, gérant de la start-up Agrotecsol, se sont réunis pour expérimenter les sondes ATS de la société amiénoise. Cet outil d'aide à la décision permet l'acquisition et le traitement de plusieurs informations tels que le pH, l'humidité ou la teneur en éléments nutritifs du sol de la parcelle où il est implanté. Les données sont ensuite automatiquement analysées, puis accessibles via une application. La sonde sera installée en février 2018. « Je recherche, depuis que j’ai repris l’exploitation en 2015, des façons de réduire l’utilisation des intrants. Avec cette application, je pourrai apporter à mon blé la juste dose d’intrants et au bon moment », explique Bruno Macron. Le jeune agriculteur utilisera l’outil dans son champ de blé, une des cultures pour laquelle les besoins en azote sont essentiels. Cette solution réduira l’impact sur l’environnement de l’exploitation et permettra également à Bruno Macron de faire des économies en limitant sa consommation d’intrants. « C’est important d’être soutenu. Dans la Somme, on a vocation à être les porteurs de l’agriculture française avec nos terres fertiles. Il faut innover ! », insiste Bruno Macron.


 
Un laboratoire pour le suivi des vaches laitières


Présentation du projet :

Bilan un an après :
 

À Laboissière-Saint-Martin, Pierre Standaert travaille avec son père depuis deux ans sur l’exploitation laitière. Il a souhaité investir dans un robot de traite plutôt que d’augmenter le cheptel. À cette machine est relié le laboratoire Herd Navigator afin d’améliorer la production de lait et d’assurer un suivi des 120 vaches. L’appareil permet d’analyser 4 paramètres dont la reproduction et des pathologies éventuelles. « C’est un outil pour prévenir les risques de maladie. En agissant à temps, on réduit le taux d’antibiotique », souligne Pierre Standaert. Le coût de revient de ces analyses serait de 55€ par an et par vache. « Cela a certes un coût, mais cela va nous permettre d’améliorer nos résultats et d’acheter moins d’antibiotiques. Ce n’est d’ailleurs que le début, demain, nous pourrons faire une dizaine d’autres analyses avec ce genre d’appareil », souligne Pierre Standaert.


 
La dématérialisation du suivi des poules pondeuses

 


Présentation du projet :



Bilan un an après :
 

Pierre Lanckriet expérimente sur l’exploitation familiale son outil de suivi de production des poules pondeuses avec sa start-up Aniprev. « Nous élevons des poules pondeuses pour le plein air et le bio. Les gens veulent consommer autrement, mais ces deux types de production ont des coûts plus lourds et demandent un accompagnement. » Pierre Lanckriet a donc développé un carnet d’élevage connecté. Ainsi, l’éleveur rentrera ses données sur son smartphone et recevra des alertes sur le suivi de l’alimentation, de l’activité, de la production d’œuf… de ses poules. Un technicien et un vétérinaire pourront consulter les données et conseiller au mieux l’éleveur pour prévenir des éventuels maladies ou besoins de l’animal. L’autre avantage est la mise en réseau du carnet d’élevage, permettant à toute la chaîne d’être informée : de l’éleveur à l’abattoir, lorsque les poules seront réformées. Pierre Lanckriet a déjà intéressé des éleveurs aux Etats-Unis et au Canada. « L’agriculture est en train de pivoter, il faut être prêt à suivre », ajoute-t-il.


 
Agriculture 3.0 : un nouveau cas pratique

Face à la multiplication des Outils d’Aide à la Décision (OAD), Emmanuel de Visme souhaite mener une étude comparative de ceux-ci sur l’exploitation céréalière familiale et les rendements réels constatés. « Je suis ingénieur chimiste en toxicologie à la base : j’ai 10 ans d'expérience en laboratoire d'analyses environnement. Je pense que c’est important de mener cette étude pour savoir à quels outils d’analyse se fier pour réduire, par exemple, l’utilisation de produits phytosanitaires. Ce regard scientifique manque encore un peu. Je ne pense pas révolutionner l’agriculture, mais je sais qu’on peut faire mieux et plus. Je pars au moins sur 2 ans de recherche et développement, c’est important d’être soutenu par une collectivité. C’est un gage de confiance. » Véritable outil de réflexion, ce laboratoire permettra également une démarche d’anticipation sur les futurs normes envisageables. À terme, l’objectif est de créer un bureau de conseil pour orienter les exploitants agricoles dans l’utilisation des OAD.