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Un fleuve, une vallée, des hommes : toute une histoire !

 
Le fleuve Somme est l’axe géographique, économique et historique du département. Il lui a d’ailleurs donné son nom !  

Le fleuve Somme

La Somme prend sa source à Fonsomme dans l'Aisne. Le fleuve traverse ensuite le département de la Somme d'est en ouest, depuis Ham jusqu'à Saint-Valery-sur-Somme, où il vient se jeter dans l’estuaire de la Baie de Somme.
Le fleuve s’étend sur 245 km. La majeure partie des cours d’eau du département : l’Ancre, l’Hallue, l’Avre, la Selle… viennent le rejoindre.  
Afin de faciliter la navigation, le fleuve a été canalisé au XVIIIe siècle, à Saint-Simon, soit quelques kilomètres avant de pénétrer le territoire samarien. Depuis 2008, le canal est la propriété du Conseil départemental de la Somme, de Sormont, près de Péronne jusqu’à la mer.
Le canal cohabite sur 120 km avec la vieille Somme, ses affluents et d’innombrables étangs et marais.  

Un peuple façonné par le fleuve et l’eau

Depuis que le fleuve Somme a creusé son lit il y a 12 000 ans, les hommes ont organisé leur vie autour de lui. Il a irrigué la culture et l’histoire samariennes. Les richesses de sa vallée ont permis le développement de tout le territoire.

La vallée a été découpée en portions d’étangs, appelées biefs, séparées par des chaussées et des surélévations. Des vannes prévues pour réguler le niveau d’eau, permettaient de produire de l’énergie hydraulique. L’installation d’anguillères servait à capturer poissons blancs et anguilles.

Les nombreux îlots éparpillés dans la vallée ont été utilisés comme zones maraîchères et sont devenus les Hardines de Péronne, de Ham, les Hortillonnages d’Amiens…

Peu boisé, le département a longtemps utilisé une ressource naturelle : la tourbe. Les étangs ont ainsi été creusés et découpés pour en extraire la matière première. Celle-ci était ensuite séchée et utilisée comme combustible, mais aussi comme matériau de construction pour les habitations et les usines.

Au cours de la seconde moitié du XXème siècle, la vocation initiale du fleuve dédiée aux transports, à l’industrie et aux communications a évolué. Les hommes ont progressivement noué d’autres liens plus ludiques avec leur environnement, à travers la pêche, la chasse au gibier d’eau et les promenades.

Comme un livre ouvert sur un patrimoine d’exception

La Vallée recèle de nombreux et précieux trésors. Espace naturel remarquable, ses étangs, marais, coteaux, bois et forêts préservés débouchent sur la Baie de Somme classée Grand Site de France.
Son histoire très riche lui a légué de belles richesses architecturales : abbayes, châteaux, demeures anciennes et la cathédrale d’Amiens inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sans oublier des savoir-faire ancestraux.
Cette terre authentique a inspiré des écrivains, des peintres célèbres : Jules Verne, Blaise Cendrars, Alfred Manessier, Hector Malot...

 

Quelques grandes figures du département

L’Histoire du territoire de la Somme est également traversée par de grands esprits.

Antoine Augustin Parmentier (1737-1813)


Antoine Augustin Parmentier naît à Montdidier en 1737. Il commence sa carrière professionnelle dans la pharmacie. Pharmacien militaire à Hanovre lors de la guerre de sept ans, il retourne en France en 1766 et obtient une place d'apothicaire à la Maison royale des Invalides, alors que sévissait une grave disette dans tout le pays.
C'est alors qu'il s'intéresse à l'agronomie, réussissant à convaincre les experts agronomes de l'époque de l'intérêt de la pomme de terre comme substitut du blé que l'on consommait plus volontiers en France.
Réussissant aussi à convaincre la cour du roi dont on suivait volontiers les goûts et les modes, il est à l'origine du développement de cette culture, dont profite depuis largement le département de la Somme.
Nommé à l'Académie des Sciences en 1795, il finit ses jours modestement.

Lamarck (1744-1829)

Jean-Baptiste de Monet, Chevalier de Lamarck est plus connu sous le nom de Lamarck. Il est né en 1744 à Bazentin-le-Petit, près d'Albert. Tout d'abord herboriste, il fut élu à l'Académie des sciences à 35 ans, et devint herboriste du roi.
Plus tard, il bifurque vers la zoologie dont il devient professeur au Muséum de Paris qu'il a contribué à créer.

Chevalier de la Barre (1747-1766)

Jean-François Lefebvre, Chevalier de La Barre, est né à Abbeville en 1747.
Jeune oisif provocateur, il avait 18 ans lorsqu'il se distingua en refusant de se découvrir au passage d'une procession. Il alla jusqu'à mutiler un crucifix, ce qui était inconcevable dans la France de cette époque vivant sous les pouvoirs du roi et de l'Eglise. Soumis à la question, il fut atrocement supplicié et décapité sur la place d'Abbeville en 1766.
Voltaire ayant pris la défense de sa mémoire, il fut réhabilité par la Convention de l'an II. Il est devenu le symbole de l'anticléricalisme.

Jacques Boucher-de-Perthes (1788-1868)

Jacques Boucher-de-Crèvecoeur-de-Perthes est né à Rethel, dans les Ardennes. Il a passé presque toute sa vie à Abbeville où il fut Directeur des douanes dans les années 1830.
Il mena ses recherches dans les carrières des coteaux de la Somme, où il a découvert des silex taillés associés à des ossements d'animaux disparus de nos régions. Ses publications et notamment "Antiquités celtiques et antédiluviennes" firent scandales à l'époque et ce n'est qu'après plusieurs années de polémique et grâce à de nouvelles découvertes, notamment dans le faubourg de St-Acheul, à Amiens, que l'on admit enfin la réalité de l'existence de l'homme préhistorique, que l'on appelait à l'époque antédiluvien.
Jacques Boucher de Perthes est désormais considéré par tous les préhistoriens comme le 1er d’entre eux.

Jules Verne (1828-1905)

Né à Nantes, Jules Verne, à l'occasion du mariage d'un ami, découvrit Amiens à 27 ans et celle qui allait devenir sa femme avec qui il s'installe à Paris. Ingénieur de formation, il travailla tout d'abord à la Bourse, mais se passionna pour les nouveautés scientifiques de son époque, que son imagination sut si bien anticiper pour les mettre au service de son talent romanesque.
C'est le succès de son livre "Cinq semaines en ballon" qui le décide en 1862 à quitter son emploi à la Bourse pour se consacrer à la littérature.
En 1865, il prend racine dans la Somme, louant au Crotoy une maison "La Solitude", qui répondait à son désir de quitter Paris, où il ne trouvait pas le calme nécessaire à sa vocation d'écrivain. En 1871, il s'installe définitivement à Amiens où il sera élu conseiller municipal.
La centaine de romans qu'il a produit - son contrat avec la Maison d'édition Hetzel en prévoyait deux par an - furent le plus souvent écrits dans sa maison d'Amiens, la célèbre maison à la tour, pourvue d'une bibliothèque riche en documentation, ou bien au Crotoy où il possédait un bateau et trouvait l'inspiration dans ce site magique de la Baie de Somme.
Mort en 1905 à Amiens, il y est enterré au cimetière de la Madeleine, dans une tombe monumentale réalisée par le sculpteur Albert Roze. Sa maison, devenue Centre de documentation Jules Verne, est ouverte à la visite.

Henry Potez (1891-1981)

Né à Méaulte, commune voisine d'Albert, Henry Potez fait de brillantes études à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique de Paris et entame l'étude de son premier avion en 1911. Pendant la Grande Guerre, il retrouve Marcel Dassault, puis est affecté aux usines Caudron à Lyon. Avec Marcel Dassault, Il crée une première société de construction d'avions, avant de créer la sienne à Aubervilliers.
En 1920 il installe ses usines à Méaulte près d'Albert. Elles deviendront le centre de production d'avions le plus important du monde, employant jusqu'à 5 000 salariés et produisant entre autres les fameux Potez 25 et 63 qui servirent durant la seconde guerre mondiale et le premier hydravion à coque.

Maréchal Leclerc (1902-1947)

Philippe Leclerc de Hautecloque est né dans la Somme, au château familial de Belloy-St-Léonard. Après des études chez les Jésuites à La Providence d'Amiens, il opte pour la carrière militaire. Marié il installe sa famille dans un château acheté par son père Adrien, à Tailly-l'Arbre-à-Mouches, près d'Airaines.

En 1940, il se joint aux Forces Françaises Libres, avec lesquelles il libère le Cameroun et le Tchad et participe à la campagne de Tripolitaine et de Tunisie.

A la tête de la 2ème DB, il jouera un rôle déterminant dans la campagne de France, entrant le premier dans Paris, puis dans Strasbourg.

Mort au Sahara dans un accident d'avion, il sera fait Maréchal à titre posthume.

Alfred Manessier (1911-1992)

Alfred Manessier est né à St-Ouen dans la vallée de la Nièvre. Il a passé son enfance dans la maison familiale abbevilloise du faubourg de Thuison. Lycéen à Amiens, il monta ensuite à Paris où il fut admis en architecture à l'Ecole Supérieure des Beaux Arts en 1929. Il fréquenta un temps Montparnasse et ses artistes, mais sa carrière fut surtout marquée par sa découverte de la foi chrétienne, après un séjour à la trappe de Soligny, ses engagements pour la démocratie dans le monde et sa passion pour la Baie de Somme et son mystère.

Roger Agache (1926-2011)
L'Abbevillois Roger Agache est considéré comme l'un des pionniers de l'archéologie moderne.