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Les PCPE : premiers retours d’expérience

Suite à un appel à candidatures lancé en octobre 2016, l’ARS Hauts de France a permis la création dans la région de 6 pôles de compétences et de prestations externalisées (PCPE), dont le PCPE de la Somme, porté par l’APAJH 80. Après quelques mois de fonctionnement, premiers retours d’expérience en région et en Somme sur ce dispositif expérimental.

Les sollicitations adressées aux PCPE

Depuis le démarrage progressif, courant 2017, les PCPE des Hauts de France ont accompagné 110 situations d’enfants et 47 situations concernant des adultes. D’ores et déjà on peut constater que l’on retrouve dans les différents départements les mêmes types de motifs de sollicitation des PCPE.

Il s’agit majoritairement de situations de rupture imminente ou avérée, avec une absence de scolarisation ou de prise en charge en ESMS. Le recours au PCPE peut être lié à des difficultés comportementales ou relationnelles, y compris dans l’ESMS d’origine. On retrouve souvent un isolement de la personne et/ou des familles en grande difficulté. Enfin, les situations de prise en charge complexe nécessitant l’intervention coordonnée de plusieurs acteurs, conduisent à solliciter l’appui du PCPE.

Le public est très divers, de tous âges et de tous handicaps. Concernant la Somme, on constate à ce stade que près de 60% des situations concernent la tranche 16-25 ans. La nature du handicap est majoritairement liée aux troubles du spectre autistique (TSA) et aux troubles envahissants du développement (TED).

Quels types de réponses sont apportés par les PCPE

Les PCPE utilisent la nomenclature SERAFIN-PH pour identifier les prestations qu’ils délivrent. On remarque que chaque usager bénéficie en moyenne de 3 à 4 prestations distinctes pour lui-même et de 2 prestations à destination des aidants. Il s’agit donc d’un accompagnement multi-dimensionnel. Par prestation, on entend par exemple l’approfondissement d’une évaluation fonctionnelle, l’expression du projet personnalisé, l’accompagnement à la vie familiale et à la parentalité, l’accompagnement éducatif ou thérapeutique à domicile ou sur site partenaire, ou encore, la coordination des partenaires impliqués dans un Plan d’Accompagnement Global (PAG).

On voit donc que les PCPE répondent à des besoins très divers.  Il s’agit pour eux d’accompagner à domicile dans l’attente d’une réponse dans un établissement adapté aux besoins de la personne, mais aussi d’anticiper et de prévenir les ruptures par la coordination renforcée de l’intervention conjointe des professionnels du médico-social, du secteur social et du secteur sanitaire, voire de professionnel d’exercice libéral. Dans le cas des situations complexes, ils peuvent renforcer de façon temporaire l’intensité et la technicité des accompagnements.

Leurs atouts et leurs limites

Les partenaires de la Réponse Accompagnée pour Tous s’entendent à constater de nombreux atouts à l’intervention des PCPE. En premier lieu, la réactivité des équipes qui initient rapidement l’accompagnement. Rappelons que les contraintes administratives ont été simplifiées pour engager les accompagnements. Par ailleurs, la souplesse d’intervention au regard des différents publics et des différents handicaps est un atout important. Elle est permise par une polyvalence large au sein d’équipe pluridisciplinaire. Il faut noter également le caractère global de l’évaluation de chaque situation. Les équipes pluridisciplinaires apportent une nouvelle approche des situations et permettent de re-questionner l’évaluation première et d’affiner les besoins de l’usager. Enfin, les PCPE ont une réelle valeur ajoutée dans la coordination et la mobilisation des acteurs, probablement favorisée par leur posture tierce qui leur confère une certaine équidistance auprès les acteurs.

Les PCPE rencontrent cependant un certains nombres de limites, inhérentes au développement de toutes formes nouvelles d’interventions. Ainsi, il leur est nécessaire d’investir beaucoup de temps pour la communication et l’appropriation de ce dispositif par l’ensemble des partenaires des territoires. Par ailleurs, ils rencontrent des difficultés à mobiliser les praticiens libéraux qui identifient mal le rôle et l’action des PCPE. Enfin, ils doivent éviter le risque d’être utilisés comme palliatifs à l’absence de solutions institutionnelles ou dans des situations pour lesquelles les ESMS se déclarent incompétents. Leur souplesse et leur réactivité imposent d’être particulièrement vigilant à ne pas s’éloigner des objectifs initiaux.

Perspectives

Si les 6 PCPE ne sont pas encore aujourd’hui victimes de l’embolie, la perspective de consolider leur déploiement est à l’étude au sein de l’ARS Hauts de France.  Pour la Somme, accroitre la couverture du territoire départemental, aujourd’hui théoriquement limitée au secteur d’Amiens, serait un réel avantage.