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La haute couture s’installe à Ham

Après un premier atelier coopératif à Pantin, en région parisienne, l’association Jean-Luc François vient d’en lancer un second à Ham. Un modèle d’activité innovant qui réimplante le savoir-faire textile sur le territoire.
Une formation aux métiers techniques de la mode est proposée en septembre 2018 aux bénéficiaires du RSA. Réunion d'information le 7 septembre à 10h00 à l'espace Emile Luciani, rue Curie à Ham (informations au 03 22 87 80 15 ou adm.hamateliersjlf@gmail.com ).


« Nous nous sommes rendus compte que nous étions en train de perdre le savoir-faire français », explique Jean-Luc François, directeur général fondateur de l’association qui porte son nom. Créateur ayant travaillé pour Yves-Saint-Laurent ou Dior, puis pour sa propre ligne de vêtements, il crée en 2010 son association, avec la volonté d’agir pour rendre les métiers de la mode accessibles à toutes et à tous à travers des actions de sensibilisation.

Un manque de personnel qualifié

« Les métiers de la main n’ont pas été valorisés alors qu’ils ont un potentiel énorme. Nous manquons de personnel qualifié dans le milieu de la haute couture. Des personnes à la retraite sont obligées de venir aider pour les défilés. Nous devons transmettre ces métiers d’excellence. » C’est ainsi qu’est né le Programme Couture & Métiers. D’emblée, celui-ci s’est adressé aux adultes éloignés de l’emploi. Le premier atelier coopératif, à Pantin, ne pouvant plus répondre aux demandes de confection de petites séries des créateurs, il était devenu nécessaire d’en créer un second.
 

La mode pour revitaliser les centres-villes

Si Ham a été choisi, c’est grâce au coup de cœur du directeur pour cette ville et au travail des collectivités et partenaires locaux qui se sont tout de suite mobilisés. L’importance du patrimoine textile du territoire a aussi été un atout. « C’est intéressant de revaloriser ce patrimoine différemment en se concentrant sur le haut de gamme. La fabrication en série n’est plus sur notre territoire, mais il y a du travail dans les maisons de haute couture et pour les petits créateurs », explique Jean-Luc François. À Ham l’enjeu est également de revitaliser le centre-ville. La vitrine de l’atelier donne sur la rue et chacun peut y voir les couturiers travailler ainsi que les expositions qui changent tous les trimestres. Les écoles sont invitées à visiter par groupe de 8 élèves les lieux avec à la clé un petit atelier couture.

 

12 couturiers pour la 1ère session

Sur 200 candidatures reçues, 12 personnes ont été sélectionnées pour rejoindre l’atelier fin novembre 2017. « Je suis déjà issu du milieu de la mode, mais je ne trouvais pas de travail depuis 4 ans. J’apprends ici de nouvelles techniques. J’ai une préférence pour la conception de patronage et de prototype », témoigne Thomas Gaffet, 28 ans, de Rivery. « J’ai travaillé dans la haute couture dans les années 70, explique Yvette Deflandre, 64 ans, de Matigny, près de Ham. J’ai ensuite élevé mes deux enfants et aidé mon mari qui a ouvert une boucherie. Mais j’avais toujours une aiguille entre les doigts ! C’est mon rêve de travailler à nouveau dans la mode. » « La couture a toujours été mon métier. J’étais au chômage, c’était une opportunité de pouvoir retravailler dans ce domaine que j’aime », raconte Christine, 59 ans, habitant Saint-Quentin, dans l’Aisne.

Après 3 mois de formation, ils commencent à travailler sur leurs premières commandes : des pièces uniques ou en très petites séries. L’originalité de l’atelier coopératif est que chacun est son propre patron et le travail est basé sur la mutualisation des compétences pour travailler ensemble sur une même collection. Une véritable opportunité d’apprendre un savoir-faire d’excellence avec un emploi à la clé !

 
Crédit musique : Ehrling -Champagne Ocean
 

Photos de Christelle Bazin-Cd80