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Les thérapies ciblées : un espoir dans la lutte contre le cancer

Le professeur Jean-Pierre Marolleau

Au Centre régional universitaire de cancérologie (CeRUC) du CHU Amiens-Picardie, les diagnostics et les traitements sont déterminés à l'aide des nouvelles technologies.

 

« Aujourd'hui il est possible de déterminer de façon de plus en plus précise les caractéristiques de chaque tumeur, annonce le professeur Marolleau. Notre plateau technique dispose d'une technologie permettant d'identifier des anomalies, tels les mutations acquises ou encore des marqueurs - molécules ou protéines - trop présents et donc de mettre en place, si possible, des thérapies ciblées. »

 

Soigner le corps en jouant avec ses mécanismes

 

Avenir de l'oncologie, ces thérapies sont des molécules qui visent spécifiquement une protéine ou un mécanisme en cause dans le développement d'une tumeur cancéreuse. Elles traitent donc le patient, en complément des traitements de chimiothérapies, en ciblant le plus possible sa pathologie. «  Pour exemple, dans le cancer du sein, nous connaissons le marqueur HER2. Il s'agit d'une protéine naturellement présente dans le corps, agissant sur la croissance des cellules. Dans le cas de cellules cancéreuses, il peut avoir une surproduction de cette protéine, ce qui risque de favoriser le développement d'une tumeur. Le but est alors d'administrer un traitement permettant de se fixer aux protéines en trop et donc d'interrompre la croissance de la tumeur ! », explique le professeur Marolleau.

 

Un centre mobilisé

 

Outre les thérapies ciblées, le CeRUC, grâce à ses activités de recherche, permet au patient qui ne réagit plus aux traitements classiques d'avoir accès à des thérapies et des molécules innovantes qui ne seront accessibles que dans 2 ou 3 ans. «  Pour le patient, cela ne veut pas dire être un cobaye. Cela peut représenter un espoir de guérison ou d'amélioration », précise le professeur Marolleau. Outre la recherche et les nouvelles technologies, l'arme anti-cancer du CeRUC se situe également au niveau de la concertation des équipes. « Nous proposons au patient un traitement concerté. Chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire qui émet un avis. Si le médecin ne suit pas l'avis, il doit le signaler au patient ! », souligne le professeur Marolleau.