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La Somme, terre fertile pour la recherche avec le Hub de Jean-Marie Tarascon

La première pierre du futur Hub, bâtiment dédié à la recherche sur les batteries et les supercondensateurs, a été posée le 28 mai 2015. Le réseau national RS2E, composé de 17 laboratoires et 13 industriels, travaillera dans ces nouveaux locaux de 5 500m2 début 2016. Jean-Marie Tarascon, spécialiste du stockage de l’électrochimie, revient sur l’importance de la recherche dans la Somme.
 

Crédit photo - Philippe Sergeant - CD80
Quel est l’intérêt du Hub, actuellement en construction à Amiens, pour la recherche et les industriels ?
 
Jean-Marie Tarascon : Le Hub est un instrument fédérateur dans le domaine de la recherche sur le stockage d’énergie en France. Au centre du réseau RS2E, il est lié à l’industrie afin de réaliser des tests avec un standard industriel. Le Hub permettra une expertise scientifique pour les industriels, mais également des recherches afin d’innover pour développer de nouveaux systèmes qui stockeront l’énergie de façon performante, compacte, et durable. Nous travaillons, par exemple, sur des pistes de batteries organiques. Le Hub sera une vitrine de la recherche et de l’industrie française. C’est une histoire qui commence et j’espère que ce sera une belle histoire !
 
Pourquoi est-ce important que les chercheurs s’allient pour travailler sur les batteries de demain ?
 
J-M Tarascon : En science, l’échange est essentiel. Si un chercheur s’enferme, il n’arrivera à rien. Aujourd’hui, la recherche est à l’interface de plusieurs disciplines et c’est justement une source de créativité. Un réseau fédérateur est donc essentiel pour accélérer la recherche. Le réseau RS2E, qui compte le laboratoire LRCS - CNRS de l’Université Picardie Jules-Verne, travaille déjà depuis 2011 sur les technologies portables afin d’apporter son assistance aux industriels.
 
Pourquoi avoir choisi la Somme, alors que vous êtes originaire du Sud-Ouest, pour créer le RS2E, fédération de recherche du CNRS ?
 
J-M Tarascon : L’UPJV avait un laboratoire de qualité, certes petit, mais avec une réelle expertise. J’ai senti qu’on pouvait en faire quelque chose. Les institutions locales ont été très accueillantes et ont manifesté un véritable espoir dans la recherche. J’ai refusé la chaire qui m’était proposée à l’université de Santa Barbara aux Etats-Unis car je souhaitais structurer la recherche en France et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche m’en a donné les moyens. La France est une terre fertile pour la recherche !