Le XXe siècle

Après le séisme des deux guerres mondiales, celui de la Grande Guerre qui fit de la Somme un immense champ de bataille, et celui de la guerre de 1939-45 qui vit la destruction d'Amiens, c'est l'heure de la reconstruction puis de la renaissance économique.

C'est l'agriculture qui donne le signal du renouveau, devenant l'une des plus performantes d'Europe, suivie par l'industrie qui sut se reconvertir après l'effondrement du textile, tirant partie de la position stratégique de la Somme.

1916-1918 : la Somme champ de bataille

Rançon de sa position stratégique entre l'Europe du Nord et Paris, la Somme a souvent été transformée en champ de bataille au cours de son histoire. Le plus fort de ces épisodes s'est joué pendant la Grande Guerre lors de la Bataille de la Somme gravée dans l'Histoire du monde, avec Verdun, comme l'une des plus gigantesques et meurtrières.

C'est le 1er juillet 1916 qu'éclate dans le secteur d'Albert-Péronne la première Bataille de la Somme où sont engagées plus de 25 nations et que l'on a appelé le "Verdun des britanniques". Près de 60 000 hommes périssent lors de la seule première journée de l'offensive et les combats feront au total des centaines de milliers de victimes pour faire progresser le front d'à peine 12 km.

Une deuxième bataille de la Somme aura lieu en 1918, après que les alliés réunis à l' Hôtel de ville de Doullens, eurent décidé d'un commandement unique confié au général Foch. On retiendra de cette deuxième bataille de la Somme l'engagement australien à Villers-Bretonneux qui donna le signal du renversement de la situation et de la marche finale des alliés vers la victoire.

1940-2006 : ruine et renaissance d'Amiens

Bombardée par les alliés les 18 et 19 mai 1940, Amiens brûle pendant 5 jours. La ville est détruite à 80 %, plus de 6 000 immeubles sont anéantis, 40 ha ravagés, mais la cathédrale est miraculeusement épargnée...

Vient alors la reconstruction. Il faut faire vite pour reloger la population, quitte à se montrer moins exigeant quant à la qualité de l'urbanisme.

A la fin des années 50, sous l'impulsion de Roger Dumoulin, alors Président de la Chambre de Commerce, Amiens profite de la volonté des pouvoirs publics de déconcentrer la région parisienne pour accueillir dans une nouvelle zone industrielle de nombreuses entreprises importantes (Dunlop, Good-Year, Ferrodo, Carbone Lorraine, Procter et Gamble), attirées par la proximité de Paris, l'espace disponible et la présence d'eau en abondance.

Les années 1950 : le boom de l'agriculture

Dès les années 50, l'agriculture française connaît un important développement sous l'effet de plusieurs facteurs nouveaux :

le développement de la mécanisation agricole,

l'apparition, sous l'égide de la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne) d'une génération de nouveaux agriculteurs avides de progrès techniques et ferment de l'organisation de la profession,

une large diffusion des techniques culturales modernes (vulgarisation des règles agronomiques, utilisation des engrais et phytosanitaires....),

Dans ce contexte, ses atouts climatiques et la qualité de ses sols propulsent la Somme au rang des régions agricoles les plus performantes d'Europe et du monde, permettant le développement d'une industrie agricole et agroalimentaire de première importance qui demeure l'un des piliers de l'économie de la Somme.

1950-2000 : la reconversion industrielle de la Somme

Pour l'industrie de la Somme, le 20ème siècle fut rude. Durement touchée par les deux guerres mondiales, elle dut faire face à un autre choc tout aussi redoutable : la fin de l'économie protégée et l'ouverture à la concurrence mondiale, ce qui entraîna l'effondrement de son économie textile, base traditionnelle de sa richesse avec l'agriculture.

Sans tourner la page du textile où certains savoir-faire et créneaux de marchés particuliers demeuraient exploitables, l'industrie de la Somme dut donc se reconvertir, ce qu'elle fit dans la seconde moitié du siècle en exploitant de nouvelles potentialités.

Cette reconversion se reposa sur :

la montée en puissance de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire,

l'émergence d'une nouvelle zone industrielle à Amiens qui accueillit dans les années 1960 de grandes entreprises de l'équipement automobile et de la chimie,

l'exploitation par de grandes entreprises du secteur logistique du nouveau réseau autoroutier apparu dans les années 1990 et qui valorise la position stratégique de la Somme, trait d'union entre le bassin parisien et l'Europe du Nord,

l'exploitation de cette position stratégique avec un important effort d'investissement dans les réseaux de télécommunications à haut débit par fibres optiques qui situe le département dans le peloton de tête pour l'accueil et le développement des entreprises de la nouvelle économie.

Telles sont les caractéristiques de l'économie de la Somme au seuil du 21ème siècle.

La Somme, terre d'accueil de l'aéronautique

Dès le début de ce siècle, la Somme s'est forgée une solide réputation aéronautique. Trois avionneurs célèbres, les frères Caudron et Henry Potez, en sont responsables. En 1910, profitant des immensités de la plage du Crotoy découvertes à marée basse, les frères Caudron y créent la première école française de pilotage.

Douze ans plus tard, Henry Potez, un avionneur qui avait exercé ses talents en région parisienne avec d'autres avionneurs célèbres comme Marcel Dassault, décide d'installer son usine à côté d'Albert, à Méaulte dont il est natif.

En 1931, elle est la plus importante usine d'avions du monde ; elle emploiera jusqu'à 5 000 personnes et produira les fameux Potez 25 et 63 qui servirent pendant la seconde guerre mondiale. Après diverses vicissitudes, occupation par les allemands, nationalisation, elle a produit ses derniers avions complets en 1955.

Aujourd'hui au sein de l'Aérospatiale (EADS à l'heure des concentrations européennes), elle emploie un millier de personnes et fabrique notamment les nez d'airbus.

Les années 1980 : la décentralisation

Les années 80 ont connu une véritable révolution dans le paysage institutionnel français. En 1982, les 6 nouvelles lois de décentralisation donnent une plus grande autonomie aux collectivités territoriales.

Ce nouveau pouvoir des collectivités se résume essentiellement en deux points :

L'Etat leur transfère certaines de ses compétences, comme par exemple les collèges, les routes départementales et l'aide sociale pour le Conseil général, ce qui entraîne la redistribution à leur profit d'une part du budget de l'Etat.

Ces collectivités ne sont plus placées sous la tutelle de l'Etat et de son représentant dans le département, le Préfet. Pour le département, c'est désormais le Président élu du Conseil général qui assume l'exécutif départemental. L'Etat n'intervient plus que pour contrôler la légalité des décisions des assemblées territoriales et la régularité de leurs mouvements financiers.

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