Le Moyen-âge
La cathédrale d'Amiens et la guerre de 100 ans.
VIIème siècle : début de stabilité avec la fondation des abbayes
Après les grandes invasions barbares qui suivirent l'occupation romaine, la christianisation de la Picardie entraîne la construction de grandes abbayes : Saint-Valery-sur-Somme, Saint-Riquier et Corbie. Elles auront une importance particulière et seront facteur de richesse et de stabilité.
XIème siècle
En 1066, Guillaume-le-Conquérant part pour l'Angleterre. Cette date essentielle de l'Histoire de France a pour cadre la Somme et St-Valery-sur-Somme, située en bord de baie de Somme. C'est de là que s'est embarqué Guillaume-le Conquérant avec ses 40 000 hommes pour conquérir le trône d'Angleterre.
XIIème siècle : le pouvoir communal catalyseur de développement
Face à la montée du pouvoir communal, la Somme se montre particulièrement précoce : en 1120, la commune d'Amiens est créée, suivie de celles d'Abbeville, de Péronne et de Saint-Valery-sur-Somme. Les villes arborent de fiers beffrois, symboles de leur nouveau pouvoir.
XIIème et XIIIème siècle : la cathédrale, l'eau et la guède richesses d'Amiens
L'eau
Parce que l'eau est abondante dans la Somme, elle apporte la force motrice à Amiens et dans la vallée de la Somme. Les moulins s'y multiplient. A Amiens, le quartier Saint-Leu avec ses multiples canaux est alors coeur de ville. On y travaille la laine, le cuir.
La guède
En 1110, on trouve la première évocation de la guède (waide en picard), une plante qui sera utilisée massivement pour la teinture des draps car elle permet d'obtenir ce bleu subtil, le bleu d'Amiens, célèbre dans l'Europe entière.
Amiens fait alors partie de la Hanse, un réseau des 13 grandes villes du nord de l'Europe. Elle compte à l'époque 20 000 habitants.
La cathédrale d'Amiens
La cathédrale d'Amiens est née de la conjonction du pouvoir de l'église et du pouvoir communal. Forts de leurs richesses et de leur ambition, l'un et l'autre veulent créer une grande oeuvre : la cathédrale notre Dame d'Amiens.
Référence gothique classique, elle est classée par l'UNESCO avec 200 sites majeurs dans le monde, au registre du patrimoine mondial de l'humanité.
XIVème siècle : la guerre de cent ans : le temps des crises
A la période faste du XIIIème siècle, succède une période troublée. Le pays connaît une crise de croissance où les grandes principautés, tel le Grand Duché de Bourgogne qui règne sur la Flandre et le Hainaut, ont gagné en puissance et rêvent de devenir des états à part entière. Pour cela, elles nouent des alliances, par exemple avec l'Angleterre, pour affronter le roi de France. Voilà l'explication d'une guerre qui va durer plus d'un siècle et dont les temps forts ont eu pour théâtre la Somme.
En 1346, les anglais passent le fleuve Somme au gué de Blanquetaque et remportent leur première grande victoire à Crécy-en-Ponthieu. Cette bataille, qui connut la déroute des troupes françaises, sonne le glas de la guerre chevaleresque «à la féodale». Désormais, la guerre devient affaire de professionnels, moins noble et plus meurtrière.
En 1467, Charles le Téméraire reçoit le roi Louis XI à Péronne, officiellement pour faire la paix. Il retient le roi enfermé pour le faire céder. C'est un moment décisif pour le rattachement des villes de la Somme au Royaume.
En 1475, la paix qui met fin à cette guerre interminable est signée par Louis XI et Edouard III d'Angleterre à Picquigny.