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Dans les coulisses des fouilles d'Epagnette

Crédit - Cécile Sauvage - DRASSM - Ministère de la Culture - 2015

Après la découverte de l'épave d'un bateau du XVIIIe siècle au fond de la Somme, l'équipe d' Eric Rieth, directeur de recherche émérite au CNRS (LAMOP) s'est attelée à en percer tous les secrets…

 

Plusieurs années de fouilles

 

En 2002, Christophe Cloquier, alors étudiant, découvrait une épave de bateau gisant à trois mètres de profondeur. Cette découverte a donné lieu en 2011 à une année d'évaluation du site. « Avant d'envisager des fouilles, il est nécessaire d'évaluer l’intérêt scientifique que revêt la découverte, explique Eric Rieth. Cette année d'évaluation permet de mesurer l'étendue du site, d'obtenir les premières données de datation, etc. Si les résultats sont prometteurs, un dossier de programme de recherches peut être bâti. »

 

Dans le cas de l'épave d'Epagnette, son étude se révèle fondamentale pour la connaissance de l'architecture des bateaux fluviaux picards au XVIIIe siècle. Financées par le Département et l’État, les fouilles commencent en 2012. L'épave bénéficiera ainsi de deux programmes de fouilles pluriannuelles : l'un couvrant la période de 2012 à 2014 et l'autre de 2015 à 2017.

 

Une équipe pluridisciplinaire

 

Depuis maintenant 3 ans, une équipe de 10 personnes en provenance de multiples horizons professionnels s'affaire sur le site. «  Certains membres sont attachés au Ministère de la Culture, en particulier au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS), à l'Université de Picardie Jules Verne (UPJV), au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)... », explique Eric Rieth.

 

Sur place, il y a bien-sûr des archéologues. Parmi eux, des plongeurs s'occupent des relevés et de l'étude de l'épave sous l'eau. D'autres, au sol, prennent en charge l'étude des objets remontés, prennent des photos, réalisent les croquis… Quelques bénévoles, habitants du département, apportent également une aide précieuse.

« Une campagne de fouilles dure environ 15 jours. C'est une grosse logistique à mettre en place. Il faut nourrir, loger et payer les déplacements de ces 10 personnes. En amont, il faut un ou deux mois d'organisation. Après les fouilles, vient le travail d'analyse des données. Avant, pendant ou après, le site de l'épave est bien-sûr protégé. »

 

L'après…

 

Les fouilles, arrêtées pendant la période hivernale, reprendront le 6 juin 2016. Elles devraient se terminer définitivement en 2017. L'épave reposera alors au sein de sa dernière demeure : les fonds de la Somme.

 

L' équipe des fouilles a néanmoins prévenue l’Agence départementale fluviale et maritime de la Somme de son emplacement. En cas de travaux, celle-ci sera épargnée.

 

Les découvertes engendrées par ces 3 dernières années de recherches ont déjà faits l'objet de conférences et d'articles dans des revues spécialisées telles Archéologia. Un article devrait également paraître dans la Revue Archéologique de Picardie. Eric Rieth aimerait quant à lui publier un livre illustré à destination du grand public. Reste à trouver un éditeur régional intéressé par le projet. Avis donc aux amateurs…
 

A lire également : l'article du magazine Vivre en Somme n°99 (mars-avril 2016).