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La colombophilie, ou dans le pigeon tout est bon !

Crédit - Vues d'ici - Philippe Guillaume

Domestiqué dès l’Antiquité, le pigeon présente beaucoup d’atouts. Les amateurs aiment l’observer et parfois apprécient aussi de le déguster ! Il produit également un engrais précieux. Mais surtout il est reconnu comme un exceptionnel messager. Son instinct et sa volonté le poussent en effet à revenir à chaque fois à son point de départ.

 

Un privilège de la noblesse

A l’époque de Charlemagne, l’élevage du pigeon est un privilège réservé aux nobles. Châteaux, fermes seigneuriales, abbayes possèdent tous une tour à pigeons. Symboles de la richesse et de la puissance de leur propriétaire, certaines peuvent contenir jusqu’à 5 000 pigeons. Les seigneurs les emploient comme messagers commerciaux, politiques, ou porteurs de renseignements en temps de guerre.

 

A la Révolution, le pigeon décolle

Le droit de colombier est supprimé par la Révolution le 4 août 1789 et l’élevage des pigeons connaît en France une très grande vogue. Des concours s’organisent dans le Nord de la France et en Belgique. Une sélection sévère aboutit au vrai pigeon voyageur. Des années 1800 à 1960, le sport colombophile connaît un essor considérable. Il se démocratise et devient populaire. De nombreuses sociétés naissent dans la Somme : L’Amiénoise, le Courrier sans relai, l’Essor, l’Hirondelle, la Messagère…

 

Discret messager de guerre

Avant le premier conflit mondial, de nombreuses campagnes de recensement des pigeons ont lieu en France. L’oiseau revêt alors une importance stratégique pour les armées. Mais il représente un gros danger s’il tombe entre des mains ennemies et il ne vole pas la nuit. Pendant la guerre 14-18, l’armée française utilise l’araba, un bus à impériale de marque Berliet, transformé en pigeonnier. Le bas sert de réserve de nourriture et de logement pour le soigneur. 95% des messages arrivent à bon port ! Certains pigeons héroïques, résistants au gaz et aux tirs, sont décorés pour leur bravoure. Leur devise ? « Franchir ou mourir ».

 

Un résistant dur à cuire

Décimé par la guerre, les Allemands ou par son propriétaire trop affamé en période de restriction, le pigeon résiste cependant dans la Somme où la colombophilie demeure encore un loisir important.

 

Pour en savoir +
- Le site de la colombophilie en Somme
- Et découvrez dans la rubrique « Trésor d'Archives » du magazine Vivre en Somme n°99 (mars-avril 2016) un arrêté de Jean Moulin de 1927 : alors secrétaire général à la Préfecture de la Somme, il autorise un Albertin à ouvir un colombier de pigeons voyageurs…